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Mission Mongolie en 2012

Nadine Veillet, chargée de la mission, présente les LIEUX AIDÉS et son ÉQUIPE MONGOLE

Si, ici en France il existe une grande équipe dispersée dans tous les relais qui collecte, trie met en cartons chaque mois, il y a aussi de l’autre côté une autre équipe qui contribue à la distribution et pourrait bien un jour s’appeler Réflexe Partage mongol. Ce sont les directeurs et directrices des centres et aussi d’autres personnes proches qui m’aident depuis plusieurs années pour la traduction, les formalités de dédouanement et ma vie sur place. Devant nos difficultés de dédouanement du conteneur, c’est eux qui ont pris en charge cette année, son ouverture et sa distribution.
La yourte des enfants  

Sara et Tunga sont les deux institutrices de cette école. Elles l’ont été déjà pendant une dizaine d’années dans l’école d’Azzaya que Réflexe Partage a aidée de 2005 à 2009. À chaque arrivée de conteneur elles étaient là pour aider.
Après des différents avec la directrice cette école a fermée laissant ces 2 femmes et les enfants qui allaient à l’école sans rien. Alors elles décident de repartir à zéro. Une association allemande les aide pour le bâtiment et elles trouvent le moyen de recontacter Réflexe Partage pour une aide de matériel.

Quand je les ai revues lors de mon séjour en 2010, j’ai été admirative de leur détermination et de leur courage. Sara et Tunga vivent dans ce quartier pauvre probablement dans une yourte ou peut être dans une modeste petite maison. La réalité de la vie du quartier ne les accable pas et elles parviennent à se tourner vers les enfants en grande difficulté. Ce sont des femmes dynamiques et généreuses.
Cette école est pour les enfants pauvres du quartier. À l’intérieur de l’enceinte, une yourte est installée. Sara et Tunga ont recueillis 3 enfants du quartier qui n’avaient plus de famille ni d’endroit où aller. Le terrain autour de l’école s’aménage petit à petit : des fleurs le long de l’école, un kiosque, une aire pour jouer au basket, une serre pour les légumes : çà sent bon la vie !
!

Un atelier de confection de feutre et d’objets en feutre jouxte le bâtiment de l’école. Cela permet de dégager un petit revenu et aussi de perpétrer la fabrication traditionnelle. Cette école ne reçoit aucune aide du gouvernement. Elle n’existe qu’avec des aides extérieures. Réflexe Partage fait partie des partenaires principaux.

Le child care centre  
Geserbaata est le directeur du centre qui accueille des enfants de familles pauvres en difficulté familiale.
Ce centre a été aussi aidé en 2007 et 2008. Lui aussi a toujours été présent lors de l’ouverture des conteneurs.
C’est un homme plein de douceur et de délicatesse. Mais il sait garder le gouvernail de son bateau qu’est ce petit centre. C’est une chance pour ces enfants qui pourraient se retrouver dans la rue sans cela.
Comme la yourte des enfants ce centre ne reçoit aucune aide de l’état. Notre aide est très importante pour ce centre.
Je suis touchée de l’aide qu’il apporte à ces enfants comme une action préventive avant le désespoir de la rue.
Child care center  
Ayurzana est le directeur du foyer de police.

Depuis le début de l’aide de Réflexe Partage, il a toujours manifesté une grande ouverture à notre encontre proposant ses services chaque fois qu’il le pouvait, prenant même sur son temps libre pour nous amener à la campagne. Bien sur le fait que j’ai été présentée par Zolma et Namuun compte pour beaucoup. Mais rien n’arrive par hasard. Pendant mon séjour en 2010, il a toujours proposé de m’aider dans toutes les situations compliquées que j’ai pu traverser. De ce fait nos liens se sont beaucoup resserrés. Touché au cœur de sa vie par la perte de sa femme dans des conditions tragiques, sa carapace de policier est tombée et il ose me laisser voir sa douleur. C’est un homme bon, simple, jovial, avec un cœur d’enfant. Et c’est comme cela que lors de notre passage au foyer il se joint à nous et joue avec les enfants. Lui, qui quelques années auparavant ne savait que faire son rôle de policier ! Il essaie au mieux de gérer son centre avec les contraintes que lui impose sa hiérarchie.

Il nous montre lors de notre séjour en juillet qu’il n’a aucune ligne budgétaire pour les vêtements des enfants.L’aide de Réflexe Partage est là aussi essentielle.

Les familles  

Namuun a 24 ans, elle est ma traductrice depuis 2007.
Bien qu’elle aime sortir avec ses copines et faire les choses de son âge, elle est très touchée par les enfants des rues et l’aide que nous apportons. Elle aime venir avec moi dans les quartiers pauvres de yourtes et au foyer de police. Elle est très connue des enfants de la rue qu’elle rencontre au foyer et qu’elle recroise quelquefois dans la rue quand ils se sont échappés.

En fait nous marchons en binôme elle et moi. Elle est là pour m’assister dans toutes les démarches administratives de dédouanement et quelquefois dénouer des situations compliquées non sans qu’elle prenne l’avis de sa mère ou de son père. Toute la famille qui participe.

Nous avons depuis tout ce temps développé une complicité étroite, chaleureuse et joyeuse car elle doit traduire au plus juste ce que je lui demande. À chaque voyage nous nous retrouvons avec bonheur. Pendant mon séjour en 2010, elle va jusqu’à s’inquiéter pour moi pendant toute une journée, craignant qu’il me soit arrivé quelque chose, parce que étant partie à la campagne, je ne peux répondre au téléphone . Son attention à ma personne me touche.

Cette année devant notre impossibilité de sortir le conteneur avant notre retour et nos interrogations sur comment faire, nous l’entendons s’exclamer : «  Mais nous sommes là nous » en parlant de sa mère, des directeurs de centres et d’elle-même.
Ainsi en lien téléphonique avec moi, elle prend les choses en main, va jusqu’au bout et sort le conteneur.
Avec son frère Dolgon et une de mes amies Sana, elle organise la distribution des colis destinés aux familles du quartier pauvre.

Elle est un élément essentiel et très précieux pour la mission Mongolie et pour moi aussi.

Les éleveurs  

Zolma est la mère de Namuun Elle a une place importante aussi dans la mission Mongolie. Grâce à elle je découvre le foyer de police avec les enfants des rues où elle a déjà aidé avec l'association dont elle fait partie. Et l'aide au foyer démarre là. Grâce à elle je découvre la vie difficile des éleveurs et l'aide que Réflexe Partage peut leur amener est complémentaire au projet qu'elle a avec ces familles. L'association suisse - Projets Mongolie - dont elle fait partie aide les éleveurs à conserver leur mode de vie traditionnelle. Lorsque nous les avons visités en juillet, Zolma accompagnait 2 vétérinaires venus vacciner les chevaux malades à cause de l'été trop humide. Elle est souvent par monts et par vaux pour amener de la nourriture supplémentaire pour les bêtes et du matériel qu'elle ramène de ses voyages en Corée.

 

La scolarisation
Et puis elle a suivi et suit les jeunes qui ont été scolarisés par Réflexe Partage, depuis septembre 2010 avec une grande attention. Elle s'occupe de leurs besoins en vêtements et tout ce dont ils ont besoin pendant la scolarité. Elle est en lien avec les professeurs. C'est elle, lors de mon voyage en mars 2011, qui a l'initiative d'aller rencontrer les familles de Khongorzulh et Ama, 2 des jeunes scolarisés. Ce n'est pas quelque chose que j'aurais imaginé faire tant je craignais que leur histoire douloureuse avec leur famille soit trop présente. Mais bien au contraire cela a été bénéfique pour ces deux jeunes. Elle fait le lien entre ces jeunes et moi, et a une présence toute maternelle auprès d'eux. Je sais que je peux compter sur son aide.
L'aide matérielle que Réflexe Partage apporte est importante bien sûr, mais plus encore l'est notre engagement dans la durée, notre présence sur place chaque année, nos rencontres chaleureuses chaque fois avec les directeurs et directrices des structures. Plus encore l'est le regard attentif, admiratif, que nous portons sur leurs réalisations qui permettent de donner un espoir de vie à ces enfants. Notre partenariat avec eux est bien plus qu'un coup de pouce. Ils ne se sentent plus tout seul devant la charge gigantesque qu'ils ont sur leurs épaules, et le peu d'aide qui leur parvient. Et puis si je me recule un peu comme le ferait un peintre devant sa toile pour sentir où mettre son prochain coup de pinceau, je me rends compte que d'avoir suivi mon élan de cœur de départ, toujours présent aujourd'hui, pour ces enfants des rues m'amène vers une aide plus large, plus vaste. C'est comme si j'avais commencé à peindre dans un angle de toile sans voir sa taille réelle. Et je la découvre en même temps que je la fais, guidée par mon intime conviction. Alors oui l'amour penché sur ces enfants fait merveille, les transforme, soulage leur désespérance, transforme les êtres autour d'eux, me transforme et me remplit de joie encore plus.

  Le 7ème conteneur de la mission a été chargé le 16 mai à Châteauroux,

et distribué à UlaanBaatar le 8 août

Réflexe Partage en Mongolie
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