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Mission Mongolie en 2013

Nadine Veillet, chargée de mission, après la distribution du 8ème conteneur en août 2012, présente l'aide de la mission en 2013

Le foyer de police

Rien ne change dans ce foyer à part les enfants qui arrivent, fuguent, puis sont repris par les policiers et reviennent au foyer. Les lieux se dégradent un peu plus chaque année vu que les réparations nécessaires ne sont pas faites et les conditions d'hygiène sont tout juste requises.

Ayurzana le directeur nous accueille chaleureusement cette année encore. Il me raconte les évènements de l'année qui vient de s'écouler. Je lui fais remarquer que les vêtements des enfants sont en loque alors que les cartons sont bien là. Il me répond que son équipe n'a pas encore eu le temps de les ouvrir. Les enfants seront habillés de neuf quelques jours plus tard.

J'ai l'impression qu'il y a moins d'enfants ce jour-là mais nous sommes encore en août. Il fait encore bon dehors et les enfants préfèrent rester dehors. L'hiver, bien sûr ils viennent se mettre au chaud spontanément. Et puis aussi, petit à petit Auyrzana le directeur essaie d'intégrer les enfants dans le programme musical à l'initiative de l'état. Ainsi ils peuvent rejoindre un nouveau centre tout neuf. Là les enfants bénéficient de meilleures conditions d'hébergement et surtout aussi ils peuvent suivre des cours de mongol et mathématiques ainsi que du chant ou jouer d'un instrument. Alors, dans ce foyer, il y a moins de résidents à long terme et c'est tant mieux. Il reste quand même un lieu d'hébergement d'urgence.

Nous y retournons la veille de mon départ. J'ai rendez vous avec Namuun, ma traductrice. En montant dans sa voiture, j'y découvre 3 enfants âgés de 6, 4 ans et 18 mois. Zolma, la mère de Namuun les a récupérés dans un quartier de yourtes le matin même. La mère de ces trois enfants, désespérée, les a poussés dehors de la yourte pour qu'ils trouvent refuge à l'orphelinat. Nous les accompagnons jusqu'au foyer. Ce n'est pas un cas isolé, beaucoup de femmes sont seules avec des enfants à charge, sans travail, veuves ou divorcées. Il n'existe pas beaucoup ou peu de protection sociale pour ces personnes en situation difficile. L'aide dans les quartiers que Réflexe Partage a commencé est vraiment importante.

Les familles

Nous avons distribué au mois d'août, les cartons dans le quartier de yourtes dans les faubourgs d'Ulaanbaatar. Sana et Namunn m'accompagnaient. Nous nous sommes installées derrière la mairie, dans une yourte prêtée par la Croix Rouge.

Deux femmes de la Croix Rouge sont venues en renfort pour nous aider à ouvrir les cartons et trier les vêtements par âge, et par catégorie. Elles ne sont pas de trop. Nous déballons pendant 2 h durant. La veille, l'employée de la mairie avait prévenu les familles que la distribution commencerait vers midi.

Ces familles ont été choisies par l'employée de la mairie parmi les plus pauvres du quartier. Ce sont des femmes seules avec enfants à charge n'ayant pas de travail ou de temps en temps seulement. Elles vivent souvent avec moins de 5 dollars par jour, soit moins de 4 euros. Nous entendons bien avant l'heure des voix de femmes à l'extérieur qui sont impatientes. Et puis, quand nous sommes enfin prêtes, nous faisons entrer les femmes par 2. Nous choisissons les vêtements en fonction du nombre et de l'âge de leurs enfants, et puis bien sur suivant leurs besoins à elles aussi. Une telle voudrait bien un manteau, une autre un pull et celle ci plus jeune a repéré cette jolie jupe. La yourte se transforme en salon d'essayage plein de bonne humeur.

Elles ressortent les bras pleins de leurs cartons. Toutes trouvent leur compte.

Il est 15h. Nous quittons le quartier. Dehors, le soleil qui était resté caché ce jour là, fait son apparition derrière les nuages offrant sur la ville cette lumière si intense et si particulière de la Mongolie. Nos cœurs remplis vibrent à l'unisson.

Les éleveurs

C'est la première fois que je vais distribuer avec Zolma le matériel récolté chez les éleveurs.

Ça y est, Réflexe Partage est là vraiment dans une aide directe sans intermédiaire.

Nous rencontrons de nouveau cette famille qui était dans une précarité extrême et que nous avions visitée l'hiver, pendant mon long séjour en Mongolie. Ils ne semblent plus les mêmes, pleins d'une énergie nouvelle, pleins de l'espoir retrouvé de vivre plus dignement leur vie d'éleveur au contact de la nature.
Nous sommes accueillies sous chaque yourte, dans chaque famille. Les enfants ont grandi, c'est l'heure pour certains de prendre le chemin de l'école à Ulaanbaatar. Alors les familles concernées vont déplacer leur yourte jusque dans les faubourgs pendant l'époque scolaire pour rester en famille. Les animaux seront gardés pendant l'hiver par les familles n'ayant plus d'enfants scolarisés. Cette entraide leur permet de mieux vivre dans ces conditions climatiques difficiles.

Alors c'est sûr, les vêtements, le matériel scolaire, le linge leur sont d'un grand secours pour continuer à vivre ainsi et cela les soutiendra encore pendant la scolarité de leurs enfants.

Chaque famille tient à nous offrir quelque chose avant de partir. La seule richesse qu'ils aient en ce moment est leur lait de jument fermenté. Nous repartons chacune avec une bouteille venant de chaque famille. C'est un très touchant remerciement.

La yourte des enfants

Quel bonheur de retrouver Sara et Tunga les deux institutrices de cette école !

Il a beaucoup plu ce printemps et en juillet aussi. Il y a plein de fleurs devant le bâtiment. Elles nous montrent une vasque de leur fabrication, remplie de cosmos colorés. Elles ont retourné puis découpé, un pneu. Quand on a peu de moyen, on devient maitre dans la récupération et la reconversion d'objets.

La moitié des bureaux apportés sont déjà installés dans la classe. Elles m'expliquent que l'autre moitié a été donnée pour un collège. Cela leur permet de négocier l'entrée en collège des élèves qui ont le niveau, ainsi ils peuvent intégrer le cursus scolaire normal et avoir droit d'accès à l'université. Nos « trop » ne comblent pas seulement un manque matériel, ils servent aussi de monnaie d'échange et vont donner une chance à quelques enfants issus de milieu pauvre de sortir de leur condition.

Le centre national contre la violence

C'est un nouveau lieu à aider.

Ce centre aide des femmes et enfants en difficulté face à des violences familiales et des abus sexuels. Les enfants dans la rue quittent leur famille bien souvent en raison du climat violent qui règne au sein de la cellule familiale. Les enfants que l'on rencontre au foyer de police ont tous une histoire similaire : viols, violences et maltraitance. Le foyer de police n'a pas pour vocation d'aider ces enfants autre que matériellement.

Dans ce centre là, les femmes et les enfants bénéficient d'une aide psychologique et juridique pour les aider à se reconstruire. La directrice est avocate. Il y a plusieurs maisons d'accueil. Une se situe à Ulaanbaatar et d'autres dans des petites villes de province. Ce centre manque encore de beaucoup de matériel, l'état n'intervenant pas. Nous visitons la maison d'accueil de ces femmes et enfants : pour leur protection, le lieu est tenu secret.

La collecte de l'année est arrivée à Ulaan Baatar et sa distribution a commencé le 16 septembre

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Réflexe Partage en Mongolie
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